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Pourquoi arrêter le jugement va changer votre vie !

par | Juil 2, 2018 | 4 commentaires

Est-ce qu’il vous arrive souvent de commenter la vie de tout le monde ? De donner votre avis alors qu’on ne vous l’a pas demandé parce que vous êtes convaincus que les autres ont besoin de vos lumières ? De porter des jugements de valeurs sur les gens qui ne pensent ou n’agissent pas comme vous ? De vous énerver parce que quelqu’un ne partage pas votre point de vue ? Si vous êtes normalement constitué, vous répondrez forcément oui à l’une de ces questions puisque juger est quasiment aussi naturel qu’avoir envie de vous ruer sur une bière après le travail ou avoir envie de pleurer devant Les Maçons du Coeur. C’est un mécanisme de défense qui permet de se conforter dans son identité, de se rassurer sur la manière dont on choisit de vivre notre vie et surtout de justifier sa propre valeur en dénigrant celle de la personne que nous jugeons.

 

L’ego : ce bad boy en quête d’affection

 

A l’origine de tout ça se trouve l’ego, c’est-à-dire la conscience de soi en tant que sujet.  Et pour faire simple, l’ego existe et se renforce dans l’opposition, car c’est en s’opposant qu’on se différencie et qu’on se sent exister comme sujet indépendant. Le jugement est donc un outil adéquat pour exprimer ses opinions, ses désaccords, ses prises de positions et donc justifier son individualité. Le problème c’est que le jugement n’est autre qu’une solution provisoire qui apaise sur le court-terme. C’est comme regarder 4 saisons de Breaking Bad d’un coup quand avez passé une mauvaise journée, ça calmera votre anxiété sur le moment mais ça ne vous aidera pas à régler le fond du problème. Et le fond du problème quand on est enclin au jugement, c’est qu’on a justement une blessure non-réglée avec l’objet de notre jugement.

Je vous explique. Par exemple, en commençant Empowerment Lab, j’avais un gros problème avec Instagram et le fait d’avoir un blog. Je jugeais ça comme hyper superficiel et me sentais vraiment justifiée dans mon jugement puisque je considérais que poster des photos de soi à longueur de journée était une solution de facilité, n’avait aucune valeur ajoutée et ne méritait pas de rentrées d’argent. Ce jugement me permettait de me conforter dans un certain sentiment de supériorité, de me sentir plus intelligente, plus intègre et surtout plus méritante puisque je ne succombais pas aux sirènes du paraitre et de la mise en scène. Et donc, le jugement fonctionnait ici comme une fracture, comme un moyen de dire « je ne fais pas partie de cette catégorie » et de me prémunir d’être accusée de superficialité. En gros je juge donc je ne suis pas.

 

Le jugement vous permet de mettre le doigt sur des blessures non-réglées.

 

Or ressentir le besoin d’affirmer que je ne suis pas superficielle en jugeant ceux qui me semblaient l’être, sous-entend que j’ai besoin de me convaincre et de me prouver (à moi-même et aux autres) que je ne suis pas superficielle. Ce qui signifie qu’au fond de moi, je doute encore de mon intelligence, de mon intégrité et de ma valeur ajoutée. Et pour cela, le jugement est un formidable curseur pour mettre le doigt sur les croyances qui vous limitent et qui vous empêchent d’être pleinement vous-même.  Pour moi, ayant été élevée par un père qui a fait énormément de sacrifices pour réussir, j’ai grandi en croyant dur comme fer que la réussite était un chemin de croix et qu’elle n’était méritée que dans la difficulté, l’effort et l’adversité. Donc, en prenant le raccourci, mon jugement se basait sur la croyance que toute réussite qui n’est pas difficile n’est pas méritée. Ce n’est qu’en prenant conscience de cette croyance que j’ai pu transformer mon rapport à la réussite et ne plus associer la communication à la superficialité. Et par conséquent, c’est là que c’est magique, car comme votre blessure initiale est guérie, la possibilité de devenir objet de jugement ne vous atteint même plus et vous permet de développer un sentiment d’acceptation tellement apaisant que vous avez l’impression que votre tête s’est transformée en fontaine Natures & Découvertes.

Dans le cadre des coachings individuels, j’ai pu me rendre compte que certains jugements trustaient particulièrement le TOP 10 du Hit Machine et étaient aussi difficiles à désincruster qu’une croûte de lasagne sur le rebord d’un plat. Voici un petit millésime des jugements les plus répandus sur lesquels j’ai eu l’occasion de travailler :

  • Jugement de l’individualisme : « c’est hyper malpoli de faire passer ses besoins avant ceux des autres ».
  • Jugement de la sexualité : « je sais que c’est mal mais je considère les filles qui n’ont pas d’attache et couchent avec plusieurs mecs comme des salopes ».
  • Jugement de l’argent : « je n’arrive pas à demander de l’argent pour mon travail ».
  • Jugement physique : « je me sens incapable d’aller à la plage avec 10 kilos en trop, tout le monde va penser que je suis dégoutante ».
  • Jugement de la paresse : « le seul moyen de me sentir compétente c’est de tuer au travail ».

 

L’objectif est donc de vous affranchir de ces jugements et de ces croyances pour arrêter de vivre sous leur dictature et reprendre le contrôle. Parce que le problème c’est qu’en restant buté sur ses croyances et en ne les remettant jamais en question, on finit par se construire dans leurs limites quitte à s’empêcher de devenir ce qu’on aurait envie de devenir. Dans mon cas,  mépriser les réseaux sociaux et l’autopromotion par peur de passer pour superficielle et égocentrique,  revient à me tirer une balle dans le pied et à et compromettre les chances de réussite de mon entreprise puisque 70% de mes clientes viennent d’Instagram.

 

Arrêter de juger, c’est vous donner l’espace nécessaire pour devenir la personne que vous avez envie de devenir

 

Et pour cette raison, le non-jugement est un outil hyper puissant de libération et d’émancipation personnelle et collective. Parce qu’arrêter de juger, c’est se laisser la possibilité de voir plus loin, d’explorer au-delà de ses propres frontières, d’expérimenter, de se libérer de ses principes, de cultiver sa singularité et de se laisser la liberté de vivre selon ses propres codes. Comme l’explique Gabrielle Bernstein dans son superbe livre The Judgement Detox, arrêter de juger et apprendre à accepter est aussi le meilleur moyen de faire disparaitre votre rancœur, de transformer l’agression en compassion et d’utiliser toute l’énergie que vous dépensez à résister pour créer.

Mais c’est aussi une aventure collective puisque faire ce travail de non-jugement est une mesure radicale qui dépollue l’espace public et crée un lieu de liberté et d’expression inédit où l’on permet aux autres d’exister pleinement sans notre aval. Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit : comprendre qu’on a aucune permission à donner sur la manière dont vivent les gens et sortir du schéma d’infantilisation dans lequel nous nous inscrivons trop souvent et qui consiste à croire que nous savons ce qui est mieux pour les autres.Car ce qui est certain, c’est que le non-jugement est un mode de vie qui ne s’arrête pas aux portes de notre tête et que s’autoriser à devenir pleinement soi-même nécessite aussi de balayer devant sa porte.

 

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